Invitation à l'inauguration de l'unité de valorisation de biogaz en électricité et chaleur
Plan d'intervention : " Une perle de technologie dans un océan de déchets "
- Nous sommes ici, tous réunis, pour inaugurer une installation dont la technologie est prometteuse. Certes, nous pouvons nous féliciter que la région ait investi 76000 euros pour participer au financement de cette prouesse technique qui constitue un progrès indéniable dans la gestion des déchets par récupération d'un ensemble de gaz dont on extrait l'énergie et dont on diminue ainsi l'impact sur l'effet de serre.
o Malheureusement, il semble que la récupération des gaz ne soit pas aussi performante que prévu et c'est un problème technique qui nuit aux performances globales de l'installation. Mais, c'est aussi une gène occasionnée au voisinage. Ainsi le petit village de Gouy l'Hôpital est régulièrement soumis aux odeurs désagréables du centre et des gaz qui s'échappent.
- Il serait souhaitable d'envisager :
o – une étude de solutions techniques visant à diminuer les nuisances pour les riverains mais aussi permettant une amélioration du captage et de la destruction des gaz
o – mais également une meilleure concertation avec les riverains grâce à des CLIS plus fréquentes afin que ceux qui subissent des nuisances quotidiennes aient la possibilité de faire valoir leurs droits.
Au delà de cette inauguration, il me semble indéniable que le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas. Il faut donc :
1 – Diminuer le gisement des déchets
2 - Augmenter l'efficacité du tri (valoriser les matériaux recyclables, ou mieux encore réutilisables grâce au réseau des recycleries soutenue par la région).
- Le Conseil Régional de Picardie va se mobiliser dans ces deux directions, mais cela n'a d'intérêt que si les politiques nationales vont dans le même sens.
Or le budget du Ministère de l'écologie est en baisse régulière depuis deux ans alors que la France est lanterne rouge en matière de mise en œuvre des politiques environnementales européennes.
soit parce qu'elle tarde à transcrire les directives européennes,
soit parce qu'elle les transcrit mal ou de manière incomplète.
Au delà des discours à l'autre bout de la planète, nous attendons des gestes forts ici, en France et en Picardie. L'enjeu de ces installations, c'est l'effet de serre et les changements climatiques attendus dans les cinquante ans. Oui, les 4X4 consomment plus et contribuent plus que les autres véhicules à l'effet de serre alors que les pare-buffles sont dangereux pour tous, c'était une mesure juste de les taxer et c'est dommage d'avoir reculé, à quand les camions de type sportif pour aller au supermarché ? Dans la logique libérale, c'est possible s'il y a des clients.
A contrario, quand peut-on espérer une éco-taxe dissuasive qui mobilise les industriels pour éviter le sur-emballage et permette de lever des fonds pour un traitement optimal des flux de déchets?
Mais il faut aussi mobiliser les consommateurs, des messages de bon sens peuvent parfois plus que des technologies complexes. Par exemple est-ce nécessaire de ramasser les tontes de gazon et créer ainsi du déchet dit " vert " ? Est-ce nécessaire de boire l'eau en bouteille plastique alors que les communes garantissent une eau du robinet de bonne qualité ?
Alors, il faut le dire, nous sommes tous responsables, et tout investissement aussi performant soit-il ne peut nous exonérer de la responsabilisation de tous les acteurs, collectif ou individuel.
Nous sommes en octobre, ce sont les SRE, de nombreuses actions ont lieu partout en Picardie, à l'initiative d'acteurs de terrain, aidés financièrement par le CR. C'est une action que nous allons faire monter en puissance. C'est l'occasion d'un appel à la mobilisation générale face à l'urgence et à l'énormité des enjeux : l'effet de serre, la raréfaction du pétrole, les pollutions diffuses, la disparition des espèces (200 végétaux en picardie au cours du siècle passé soit 10% de notre capital).
Alors le constat est au pessimisme de la raison, mais aussi à l'optimisme de la volonté, et c'est la volonté qu'il nous faut mobiliser.
P.