
Conseil municipal du lundi 04 décembre 2000
Hornoy-le-Bourg
Compte rendu
- Lecture du compte rendu du précédent Conseil municipal
Le maire, Monsieur Capon, lit dabord le compte rendu du conseil municipal précédent.
Il explique que Messieurs Devienne et Blanco ont, lors de ce conseil , exposé leurs arguments à lassemblée et ont mis à la disposition des conseillers un dossier présentant leur projet dimplantation dun centre de vacances 4 étoiles, sur des terres appartenant à Monsieur Devienne, situées sur la commune de Gouy-lHôpital. La commune serait seulement sollicitée pour la voirie, leau, lélectricité. La commune attend un courrier de ce promoteur précisant ce quil attend de la commune.
Le compte rendu précise enfin que le maire avait demandé linscription de ce projet à lordre du jour du conseil du 04 décembre 2000 pour délibération.
- Une absence de communication
Monsieur Capon explique quil na pas pu assister à la réunion du 2- novembre qui sest tenue à Gouy-lHôpital car il na pas été invité par Monsieur Tétu et que, le mardi soir il est de garde dans sa pharmacie.
Monsieur Capon explique ensuite quil avait demandé à Monsieur Tétu dinviter les habitants de Gouy au Conseil municipal précédent, mais que ce dernier ne la pas fait.
- Explications de Monsieur Capon sur le projet Devienne-Blanco-Bocages
Le maire explique quil a demandé à la société Bocages de fournir exactement ce dont elle avait besoin pour réaliser son projet : " pour quon puisse savoir le coût financier pour la commune ". Il regrette de navoir encore rien reçu et indique quil ne fera rien avant que la société Bocages " précise ses demandes par rapport à la voirie, à leau à lélectricité, à lassainissement. "
Monsieur Devienne intervient alors pour contester : " il ny a pas de demande par rapport à lassainissement ".
Le Maire indique que le promoteur a bien précisé qu " on devait reprendre toutes les eaux usées pour les évacuer. "
Monsieur Capon explique également quon ne connaît pas les retombées exactes pour la commune et demande à la société de lui fournir des précisions. Il ajoute quil souhaite que les conseillers se rendent à Gibouille (il sagit en fait de Gimouille à quelques kilomètres de Nevers) " on va pas faire un bus, mais la meilleure solution, cest quon aille voir ce qui se passe, à Gibouille, près de Nevers, cest pas si loin que cela ... ".
Il ajoute ensuite quune consultation préalable des habitants nest pas obligatoire mais quune enquête publique sera mise en place à la publication du POS (plan doccupation du sol) : " Je pense pour le bien, quil faudra quon mette en place une consultation préalable mais qui ne sera pas seulement réservée à Gouy, qui sera réservée à tout lensemble du POS pour Hornoy-le-Bourg. "
- Pourquoi un tel projet à Gouy-lHôpital ?
Monsieur Capon concède que " la tranquillité de Gouy pourrait être entamée par ce projet ", " c est possible " ajoute til, " mais cest sûr que si ce projet là venait sur Hornoy, ça ne serait pas du tout la même philosophie ". Il poursuit : " Je pense quon laccepterait bien volontiers chez nous peut-être parce quil y a des commerces, il y a des retombées qui se feraient peut-être plus facilement. Il faut savoir aussi que Gouy ,va se trouver à cinq kilomètres dun échangeur ". Il reconnaît que Gouy est un village sans commerce, ni artisans mais explique : " je sais pas si cest la bonne solution de refuser tous les projets. "
- Allocution de Madame Rougerie, présidente de lassociation
Madame Josette Rougerie présidente de lassociation de défense de Gouy, prend alors la parole. Elle demande à ce que les déclarations soient inscrites au procès-verbal de la réunion, ce que Monsieur le Maire refuse catégoriquement de faire : il précise que seule une déclaration de Monsieur Tétu aurait pu y figurer.
Madame Rougerie rappelle alors les faits, la non-information des habitants de Gouy, la réunion du 28 novembre à Gouy, lopposition de la quasi-totalité des habitants à ce projet qui se sont constitués en association de défense.
Elle clôt son intervention en demandant labandon pur et simple de la modification du POS de Gouy " en vue de la réalisation dun projet immobilier démesuré, préjudiciable à lenvironnement, à la préservation des espaces naturels, aux terres agricoles et à la qualité de vie des habitants ".
- Allocution de Gilles Lécaille, trésorier de lassociation de défense de Gouy
Gilles Lécaille sexprime à son tour et précise quil se place sur un terrain juridique. Il indique dabord que la révision du POS est faîte pour des intérêts privés sur des terrains privés et précise lexistence dune loi anti-corruption "qui interdit ce genre de chose." Il ajoute que lassociation préviendra la Procureur de la République si le projet nest pas abandonné.
Il sadresse ensuite aux conseillers présents et leur pose cette question : "Il y a dautres territoires possibles et je serais curieux de savoir sil y en, a quels sont les gens dici qui sont intéressés pour voir 80 paillotes sur leur commune ."
Il précise ensuite que monsieur Devienne est aussi Président de la Chambre dagriculture, et quil est donc à la fois juge et partie. A ce titre, il a fait nombre de discours sur la préservation des terres agricoles, or, il revend les siennes au bout de deux ans." Il rappelle lexistence dune " loi anti-corruption".
Monsieur le Maire se désolidarise alors de monsieur Devienne : "Le problème cest que, monsieur Devienne, ce nest pas nous !"
Gilles Lécaille ajoute que les habitants de Gouy refusent le POS. Il demande si la société Bocages a produit, comme cest une obligation, un extrait de KBIS pour savoir qui elle est et si elle est bien inscrite au registre du commerce ?
Il demande ensuite que soient menées : une enquête hydrologique, des fouilles archéologiques ( des vestiges du paléolithique ont été trouvés sur les lieux), un classement des ruines dune ancienne église. Il précise ensuite que le territoire de la commune dHornoy est très grand, "cest un des plus grands de la Somme" et veut savoir pourquoi, cest Gouy qui a été choisi ? ".

- Les nuisances à redouter par Jacques Champigny
Jacques Champigny prend alors la parole et présente un témoignage, celui dagriculteurs qui ont été confrontés exactement au même problème que les habitants de Gouy dans un autre département. Il insiste sur la non-concertation avec laquelle a été élaboré ce projet. Il sagit dun projet de centre de vacances similaire à celui imaginé pour Gouy avec des propositions très proches : village de vacances 4 étoiles, principalement axé sur une clientèle étrangère (tour-opérateurs hollandais), proposition demplois directs, de rentrées de taxes immobilières importantes. En contrepartie le village devait fournir, laccès et les VRD (voirie et réseaux divers). Or, le bilan aujourdhui est catastrophique : "aucun emploi créé ; des jeunes ont travaillé sans salaire, certaines installations sont insalubres , aucune rentrée dargent au niveau des taxes , le soir, musique à fond autour de la piscine, courses de quads dans les rues de la commune, containers dordures installés dans le village, plus de clients, donc on accepte nimporte qui, en particulier le bizutage des grandes écoles. Les subventions ont été englouties...."
- Délit dinitié ? :
Pierre Labur sétonne que lon parle encore de ce projet alors que, devant lopposition ferme et résolue des gens du village, Monsieur Devienne avait dit clairement lors de la réunion de Gouy, "eh bien puisque cest comme cela, mon projet, on nen parlera plus."
Pierre Labur se demande, étant donné la position dominante de Monsieur Devienne, si cette opération ne sapparente pas à un délit dinitié.
Madame De Glose, conseillère municipale, prend alors la parole pour souligner que Gouy lhôpital est tout de même un village (bien que dépendant dHornoy) et que Gouy subirait de réelles nuisances : "ça les concerne beaucoup plus que nous tous."
Des applaudissements sélèvent parmi lassistance.
- Projet ou pré-projet ?
Monsieur Devienne sexprime à son tour : il explique quon nen est pas au stade du projet mais simplement du pré-projet et quune concertation avec le village nest pas nécessaire à ce stade.
Il précise quil nest pour rien dans la demande de révision du POS et que sa fonction de président de la chambre dagriculture ne le rend pas " omnipotent, sur lensemble des dossiers qui sont à suivre " (...) "Je ne suis nullement représentant de la chambre dagriculture pour la révision du POS, je peux même vous dire que la personne qui a été désignée, cest Martine Letellier, qui est membre de la chambre dagriculture. Je ne suis pas partie prenante dans laffaire."
Tollé général !!
- Un prétendu développement rural
Monsieur Devienne explique quil sest contenté de mettre en relation le promoteur avec monsieur Capon et les autres partenaires locaux et quil nest pas porteur du projet.
Il ajoute quil sagit dun projet de développement rural qui sinscrit dans un schéma de développement du tourisme départemental et régional. La situation dans le canton dHornoy-le-Bourg, dans le canton de Molliens ou dans le canton de Poix, connaîtrait selon lui, une dépression économique. Il veut créer de lemploi et éviter que se creuse un fossé entre la ville et la campagne.
Il ajoute que la réalisation à laquelle il fait allusion dans la Nièvre est jeune puisquelle a à peu près 18 mois de fonctionnement,.
Jacques Champigny précise quil est complètement anormal, dimposer, aux habitants dun petit village, sous prétexte quil est petit, ses propres désirs pour le développement et ajoute "nous sommes pour le développement, nous ne sommes pas venus ici pour nous enterrer, nous sommes pour le développement mais pas pour nimporte quel développement. "
- La place de Gouy dans la commune dHornoy
Gilles Lécaille demande des précisions en terme demplois créés par rapport à la ZAC (zone daménagement concertée) créée à Hornoy. Il ajoute que la population dHornoy a diminué alors que celle de Gouy a augmenté.
Monsieur Capon énumère alors tout ce quil a fait pour Gouy : "le toit de la mairie en ardoises dAnger, cest moi qui lai fait ! et on a refait léglise. On a vendu une maison pour faire la première tranche de bordurage. La deuxième tranche de bordurage, cest la commune dHornoy-le-Bourg qui la fait. "
Agitation et huée dans la salle.
Gilles Lécaille explique : "Cest nous qui avons fait nos trottoirs, qui avons semé du gazon. Quest ce que vous nous racontez ! Peut-être que vous ne venez pas assez souvent, Monsieur le Maire. Venez-nous voir plus souvent, faites des conseils municipaux décentralisés. "
- Des habitants de seconde zone ?
Monsieur Rougerie expose ses craintes quant à lévolution du village. Il considère que les habitants de Gouy ont été traités " comme des citoyens de seconde zone (...)Le projet qui nous est présenté est démentiel, complètement démentiel par rapport à lentité de Gouy-lhôpital (...) Les gens veulent être informés (...) Imaginez que dans quelques années dici, ce soit un véritable fiasco, quest quon fait des 80 à 100 cabanes à lapins quil y aura sur le terrain, vous me direz, on pourra toujours les louer comme huttes pour les chasseurs. Parce quaujourdhui, bonjour langoisse, bonjour la défense de la nature avec un projet de cette dimension là !. " (...) "Je vous dis ceci, Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers pour que, quelle que soit la décision que vous prendrez, aujourdhui ou demain, vous puissiez vous regarder dans une glace. "
Applaudissements !!
Monsieur Capon compare le projet de Gouy au projet daéroport qui doit sinstaller en Picardie "cest un peu la même chose. Il y aura des nuisances mais il y aura aussi en plus, des retombées économiques. "
Gilles Lécaille sadresse à nouveau aux conseillers présents et leur repose la question : " Est-ce que parmi vous, il y en a qui représentent des petits villages comme le nôtre, quels sont ceux qui seraient prêts à héberger chez eux le projet de Monsieur Devienne ? "
Aucune réponse de la part des conseillers présents.
Monsieur Capon répond : " Monsieur Pilon ma dit quil serait très daccord. Il y en a peut-être dautres qui seraient daccord aussi."
- Problèmes humains et financiers
Pierre Labur considère quun élu doit avant toutes choses, règler les problèmes humains avant de régler les problèmes financiers.
Il se dit gêné de voir Monsieur Devienne faire la promotion "faire larticle en quelque sorte" de ce projet au nom du promoteur. Il explique que le fonctionnement du conseil municipal a quelque chose de gênant : si seul notre maire-délégué, Monsieur Tétu est hostile à ce projet , il se trouve en minorité . Il considère quil faudrait instituer un droit de veto Ó usage des maires délégués pour des questions de cette importance.
Le maire, Monsieur Capon reconnaît quil y a effectivement un problème.
Monsieur Rougerie reprend et martèle : "pour un projet privé, pas dargent public, cest clair".
Le maire menace de faire vider la salle.
- Le droit des minorités
Jacques Champigny insiste à nouveau sur une question quil juge essentielle "comment dans notre système peut-on écouter et prendre en compte lavis des habitants ? La minorité qui est une majorité sur son territoire, est une minorité relative ! "
Le maire, monsieur Capon acquiesce : "je suis tout à fait daccord avec vous."
Jacques Champigny termine : la majorité des habitants de Gouy est absolument contre ce projet, , je souhaite le répéter. Le village de Gouy sest prononcé contre !"
Monsieur Capon clôt le débat sur Gouy -lHôpital et passe aux autres points de lordre du jour.